ARTS


Peinture. Sculpture. Dessin. Arts graphiques


-197205-


CENT METIERS DU VIEUX SHANGAÏ / He Youzhi ; trad. du chinois par Thierry Albert ; avant-propos de Gérald Gorridge
Angoulême : Éditions de l'An 2, 2006. - 90 p. : ill. ; 24 x 26 (obl.) ; 741 Dessin. - ISBN 2-84856-062-2 : 29,50 €

C'est un enchantement que cet ouvrage au format agréable qui rassemble quatre-vingt-dix dessins à l'encre que l'octogénaire He Youzhi a réalisés à la toute fin du siècle dernier pour un grand quotidien de Shanghaï. De savoureuses légendes écrites par l'artiste, dont sont donnés le texte chinois et la traduction en français, accompagnent chaque étape d'une promenade précise, incisive et tendre, au cours de laquelle l'auteur nous livre ses souvenirs d'un monde presque entièrement disparu. La présence insolente des Étrangers, dont les Concessions constituaient de vastes domaines au sein desquels les Chinois étaient considérés comme des inférieurs, ou encore l'occupation japonaise font évidemment partie de ce qu'évoqué He Youzhi d'une façon vivante et si intelligemment détaillée. Mais ce sont surtout les petits métiers, du tailleur à la prostituée, en passant par le peintre de fleurs et les ramasseurs de cadavres qui animent cet extraordinaire voyage. Les artisans, leurs clients, les passants sont croqués avec une efficacité et un humour que le commentaire souriant de l'auteur souligne encore. On a l'impression de voir les couleurs, de sentir les odeurs, d'entendre les cris des marchands ou les quolibets des badauds, d'être au beau milieu du grouillement de la ville. Chaque scène est une pièce d'anthologie, qu'elle ne comporte que peu de personnages ou qu'elle campe une scène de groupe ou de rue dont chaque silhouette, croquée magistralement, nous raconte une histoire. Cent métiers du vieux Shangaï est un livre à offrir et à s'offrir, qu'on prend et reprend avec un plaisir toujours renouvelé et que l'on n'a jamais fini de déguster.
Tous publics