TECHNIQUES ET PRATIQUES


Bibliologie. Bibliothèques. Sciences de l'information


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LIBRAIRIE DE JEUNESSE ET LITTÉRATURE INDUSTRIELLE AU XIXE SIECLE / Francis Marcoin
Paris : Honoré Champion, 2006. - 893 p. ; 23 x 15. - (Histoire culturelle de l'Europe) Notes bibliogr. Bibliogr. p. 833-849. Index des auteurs, illustrateurs et acteurs de la vie intellectuelle. Index des éditeurs. Index des titres de périodiques. Index des noms de critiques. -020 Bibliologie. Bibliothèques. Sciences de l'information.-.ISBN 2-7453-1301-0 :125€
Littérature pour la jeunesse française : 19e siècle : Histoire et critique • Jeunesse : Livres et lecture : 19° siècle • Presse pour la jeunesse : France : 19e siècle

Francis Marcoin, professeur de littérature à l'université d'Artois, publie chez Honoré Champion Librairie de jeunesse et littérature industrielle au XIX" siècle. Spécialiste de la comtesse de Ségur à laquelle il a consacré une thèse d'état, l'auteur s'intéresse dans cet ouvrage au développement de la librairie (et littérature) de jeunesse, depuis le conte moral né au siècle des Lumières jusqu'aux premières années du vingtième siècle. De cette période, des auteurs comme Jules Verne, Hector Malot, des éditeurs comme Hachette, Hetzel sont bien connus du grand public actuel, mais le lecteur curieux et spécialiste de la littérature de jeunesse saura gré à F. Marcoin d'avoir reconstitué la trame entière de cette aventure éditoriale, appelé à témoigner les acteurs multiples - « éducateurs, éditeurs, journalistes, abbés, bas-bleus, pédagogues, mais aussi écrivains » - qui permettent alors à l'enfance d'émerger comme un public à part entière, quoique toujours objet d'enjeux éducatifs parfois contradictoires. Librairie de jeunesse et littérature industrielle au XIXe siècle se divise en cinq chapitres : « L'enfant des philosophes » est éduqué grâce au conte moral, à la « berquinade » et au roman picaresque et autres robinsonnades ; lui succède « L'enfant de Juillet », enfant romantique auquel répond une littérature « juvénilisée », mais aussi l'enfant des bibliothèques chrétiennes et des éditeurs provinciaux ; vient ensuite « L'enfant du journal », cible de multiples auteurs écrivant pour les « jeunes personnes » dans le Magasin pittoresque, le Musée des familles et divers titres comme le Magasin des enfants ; le siècle s'avance et à partir de 1860 c'est pour « L'enfant de la modernité » que s'étoffent les catalogues des éditions Hachette et Hetzel, qu'écrivent la comtesse de Ségur, Verne ou Stahl ; la dernière période exalte « L'enfant patriote et anarchiste », les déchirements et triomphes, exaltations et décadences reflétés par les livres et revues offertes aux jeunes lecteurs. Extrêmement fouillée, savante et documentée, cette étude de référence comblera les spécialistes. Elle s'appuie sur l'état de la recherche mais marque cependant une étape essentielle, l'auteur incitant à sa suite l'exploration par d'autres d'« une immense somme de textes qui apparaît aujourd'hui tel un continent à découvrir, au même titre que ces territoires arctiques et antarctiques, ces pôles, ces Indes noires, inépuisables réservoirs de la librairie d'éducation et de récréation » (p. 831).
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