GEOGRAPHIE. HISTOIRE


Histoire moderne


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HISTOIRE DE L'AUNIS ET DE LA SAINTONGE. 3, Le Début des Temps modernes (1480-1610) / Marc Seguin ; sous la dir. de Jean Glénisson
La Crèche : Geste éditions, 2005. - 428 p. : cartes, ill. en noir et en coul. ; 27 x 21 Notes bibliogr. Bibliogr. p. 408-414. Index des noms de lieux et de personnes. - 944.02 Histoire. France. 987-1589. - ISBN 2-84561-217-6 : 65 €
Aunis (France) : 16e siècle - Saintonge (France) : 16e siècle

Ce fort volume est le premier publié d'une ambitieuse Histoire de l’Aunis et de la Saintonge, dirigée par J. Glénisson, et qui en comptera cinq au total. Sans être exactement celle du XVIe siècle, puisque ses contours sont légèrement forcés en amont (1480) comme en aval (1610), cette histoire débute au moment où les deux provinces n'en finissent plus de sortir des guerres franco-anglaises pour s'achever à la fin du règne d'Henri IV, au moment d'une pacification qui va paradoxalement signer leur déclin. Le livre embrasse donc à la fois ce qu'on appelle « le beau XVIe siècle » (avant 1560) et celui des troubles civils, particulièrement dévastateurs sur toute leur durée en Aunis et Saintonge. L'auteur, Marc Seguin, accomplit là son œuvre maîtresse et il faut souligner d'emblée l'importance de ce livre, dont le format luxueux et la richesse d'illustration ne doivent pas tromper. 11 s'agit d'une avancée considérable dans la connaissance des deux provinces de l'ouest, dont l'auteur, en dépit de leur appartenance au diocèse de Saintes et de leur réunification départementale tardive, critique d'emblée l'unité factice. Fin connaisseur des fidélités seigneuriales, des réseaux patrimoniaux, des échanges commerciaux, des mouvements démographiques et des structures confessionnelles, il peut se targuer de l'exploitation systématique d'archives parisiennes ou bordelaises négligées ou bien même totalement ignorées par ses prédécesseurs. Cela lui permet de prendre ses distances avec l'historiographie officielle, trop souvent tributaire depuis le XIXe siècle de schémas de pensée confessionnels ou économiques largement périmés. Organisant son livre sans solution de continuité en une série de dix-sept chapitres, il associe différentes approches : une approche géographique, qui le conduit à reprendre la distinction usuelle entre l'intérieur et le « Pays des isles », pour mieux en apprécier les différences économiques, sociales et culturelles ; une approche topique qui le conduit à examiner en profondeur aussi bien les structures juridico-politiques, que les identités confessionnelles et les différentes formes d'expression artistique ; enfin une approche plus chronologique, qui le conduit, à partir du début des troubles civils, à suivre leur progression endémique jusqu'au règne d'Henri IV. Obnubilé par son apport strictement scientifique (qu'illustre un index des noms de lieux et de personnes d'une richesse incomparable), il ne faudrait pas négliger la très belle composition typographique d'un volume illustré de gravures d'époque et de photographies contemporaines, enrichies de cartes et de tableaux en tous genres. La lecture en est rendue agréable pour le public cultivé et les chercheurs y trouveront une matière hautement enrichissante. Ce volume augure magnifiquement de la suite de l'entreprise.
Public cultivé