GEOGRAPHIE. HISTOIRE
Géographie
197153-
DE GRENADE Á BAGDAD : la relation de voyage d'Abû Hâmid al-Gharnâtî (1080-1168)
;: exposition claire de quelques merveilles de l'Occident ; trad. annotée
par Jean-Charles Ducène
Paris : L'Harmattan, 2006. - 210 p. : ill. ; 22 cm.
- (Histoire et perspectives méditerranéennes)
Bibliogr. p. 186-198. Notes bibliogr. Index.
- 910 Géographie.
- ISBN 2-296-00559-4 : 18,50 €
Curiosités et merveilles : Moyen-Orient : Ouvrages avant 1800 • Curiosités
et merveilles : Europe de l'Est : Ouvrages avant 1800 • Moyen-Orient :
Descriptions et voyages : 12e siècle • Europe de l'Est : Descriptions
et voyages : 12e siècle
La collection « Histoire et Perspectives méditerranéennes » a été créée
en 1985. Elle regroupe des travaux concernant le monde méditerranéen
des origines à nos jours. Jusqu'ici, et à de rares exceptions,
la majorité des titres a concerné la guerre d'Algérie. Rien
de tel avec celui que signe ici Jean-Charles Ducène, Docteur en Philosophie
et Lettres, enseignant-chercheur auprès de plusieurs institutions universitaires
bruxelloises et dont les publications sont consacrées essentiellement à la
géographie et à la cartographie arabes médiévales.
Celui-ci, partant d'un manuscrit principal appartenant à l'académie
royale d'histoire de Madrid et de quatre autres qu'il a retrouvés dans
les bibliothèques de Princeton, Gotha et Damas, a pu ainsi reconstituer
l'extraordinaire récit du voyageur originaire de Grenade, Abu Hâmid
al-Gharnâtî (1080-1168) où ce dernier relate F« Exposition
claire de quelques merveilles de l'Occident ». Au-delà du caractère
paradoxal du titre, car ce périple se situe surtout en Orient, cette reconstitution
permet de suivre la longue pérégrination qui le mènera de
sa ville natale qu'il ne reverra jamais au Caire via la Sicile et Alexandrie,
puis à Ascalon, Damas et Bagdad. De là, il traverse ensuite le
Caucase, gagne l'Azerbaïdjan et Bakou puis remonte la Volga jusqu'au pays
des Khazars. Il va ainsi rayonner pendant près de trente ans chez les
populations de l'Europe orientale : Bulgares, alors stationnés autour
d'une ville éponyme sur la Haute Volga ; puis Slaves à Kiev ; Hongrois
enfin. Infatigable voyageur, il part pour le Khwãrizm, royaume situé sur
l'Amou Daria près de la mer d'Aral, et effectue son pèlerinage à la
Mecque. Sa dernière étape sera à nouveau Bagdad où il
rédige à quatre-vingts ans son récit qui emprunte aux deux
genres littéraires pratiqués alors en islam : le récit de
voyage proprement dit (rihla) et le recueil de merveilles. Car suivant un fil
purement chronologique, l'auteur intègre dans ses développements
les choses insolites qu'il a pu voir ou qu'on lui a rapportées. C'est
dire toute l'importance de l'ouvrage qui renferme une foule de renseignements
culturels, religieux, historiques et ethnographiques. On sait peu de choses sur
les motifs du voyage comme sur le statut social d'Abû Hâmid. Un important
appareil critique, plus important que le texte lui-même, comprend la genèse
des différents manuscrits et d'abondantes notes ainsi qu'une carte permettent
de le replacer dans son contexte. Défilent notamment devant les yeux du
lecteur, les vestiges de l'Egypte, des cavernes insolites au Caucase et de multiples
observations. On découvre aussi au travers des lignes un explorateur dont
la curiosité est toujours en éveil, à l'expression spontanée
mais aussi, et c'est plus rare dans ce genre, un être humain attaché à ses
proches.
Public cultivé