LITTÉRATURE
Critique littéraire
-196934-
LA TURQUIE : [dossier] / textes de Hans Anamur, Sarga Moussa, Hervé Georgelin
... [et al.]
Paris : Armand Colin, 2006. - 152 p. ; 24 x 16 Romantisme :
revue du dix-neuvième
siècle Trimestriel. - n° 131, mars 2006. – Notes bibliogr. -
801 Critique littéraire. - . - ISBN 2-200-92150-0. - ISSN 0048-8593 :
abonn, un an, 4 nos : 59 € (france), 69 €.
(étranger)
Empire ottoman : 19° siècle
La revue Romantisme, créée en 1971 par la société des études
romantiques et dix-neuviémistes, n'a jamais cessé d'évoluer
depuis sa création. Par son approche interdisciplinaire, elle étudie
l'Europe, durant ce siècle, dans son ensemble, et au travers de la littérature,
des arts, des sciences ou encore de l'histoire et de la politique. La formule
des numéros thématiques et des numéros panoramiques qui
a perduré jusqu'à aujourd'hui se caractérisait depuis le
milieu des années 1990 par la programmation régulière d'un
numéro panoramique annuel (le premier), suivi de trois numéros
thématiques. L'année 2006 voit disparaître le numéro
panoramique dont le contenu sera fondu dans les quatre livraisons et est aussi
marquée par le changement de la police de caractères qui rend plus
agréable et aisée la lecture. Le dossier du numéro 131 « nouvelle
formule » est consacré à la Turquie au XIXe siècle.
Sarga Moussa, chercheur au CNRS bien connu pour ses travaux sur les récits
de voyage en Egypte, signe ici l’avant-propos ainsi qu'un article consacré à la
métaphore de « l'homme malade » dans les récits de
voyage en Orient. Il y démontre que cette vision médicale, déjà ancienne
et assez répandue parmi les voyageurs, fut cependant rejetée par
quelques-uns dont Loti, pour le plus connu, qui n'hésita pas à développer,
pourtant sur fond de nécrophilie, un discours sur la pathologie de la
modernité occidentale contaminant l'Orient. Sur un thème assez
proche, Sophie Basch, enseignante à l'université de Poitiers, explore
une piste parallèle dans le domaine théâtral et musical en
s'attardant plus particulièrement au rôle de passeur que joua Adolphe
Thalasso, Ottoman d'origine grecque, critique d'art, poète et auteur d'une éphémère
Revue orientale, opposé à Loti et à sa vision d'antinomie
entre Orient et Occident. De son côté, Pierre Pinon, enseignant à l'école
d'architecture de Paris-Belleville, analyse les paradoxes de l'architecture stambouliote
ottomane qui connaît au tournant du siècle un inversement des niveaux
d'influence dans la mesure où la distribution des édifices s'européanise
alors que leur décoration au contraire se ré orientalise. Hervé Goergelin
de l'École française d'Athènes, retrace chronologiquement
l'histoire de la « Grande Idée », panhellénique de
recréation byzantine dont les bases et notamment la frontière idéologique étaient
pour le moins floues et que les armées kémalistes transformèrent
en 1922 en « Grande Catastrophe ». Enfin, Hasan Anamur, de l'université technique
Yildiz d'Istanbul, analyse les métamorphoses socioculturelles de l'Empire
turc au travers des traductions, surtout d'œuvres françaises, qui
y paraissent. La couverture est illustrée par un tableau d'Osman Hamdi
Bey, directeur des musées ottomans, archéologue et peintre, élève
de Gérôme, Boulanger et Barrias, dont une biographie ou une analyse
de son œuvre aurait trouvé à juste titre sa place dans ce
numéro, alors qu'il n'y est qu'à peine évoqué !
Public cultivé