RELIGIONS


Christianisme


-196886-


L’UNITÉ DE L’ÉGLISE : TEXTE CRITIQUE DU CCL 3 (M. Bévenot) = De ecclesiae catholicae unitate / Cyprien de Carthage ; préf : Claude Dagens ; avant-propos Jean-Noël Guinot ; introd. Paolo Siniscalco ; introd., apparats, notes, appendice et index Paul Mattei ; trad. Michel Poirier
Paris : Cerf, 2006. - XVIII-334 p. ; 20x13. -(Sources chrétiennes, ISSN 0750-1978 ; 500) CCL = Corpus christianorum. Séries latina. - Texte latin et trad. française en regard. - En appendice, choix de documents. - Index scripturaire. Index analytique. - 270 Christianisme. - . -ISBN 2-204-08132-9 : 34 € Ecclésiologie : 3" siècle • Église : 30-600 (Église primitive]


L'œuvre littéraire de Cyprien de Carthage constitue un précieux témoignage sur le christianisme africain du IIIe siècle. La publication de l'un de ses traités permet de toujours mieux mesurer comment l'évêque de la métropole africaine a mis la richesse de sa rhétorique au service de l'action pastorale et de la réflexion théologique. Le De unitate (L'Unité de l'Église) est le premier ouvrage chrétien entièrement consacré à la question de l'Église. Ce serait néanmoins une erreur de le considérer comme une œuvre purement théologique destinée à établir les fondements juridiques de l'unité de l'Église (locale et universelle). Une telle approche prend le risque d'alimenter toutes sortes de présupposés confessionnels. Le contenu de l'ouvrage ne se comprend bien qu'en fonction du contexte dans lequel il a été rédigé. Cyprien en entreprend la rédaction au début de l'été 251, après s'être absenté de Carthage plus d'un an pour se soustraire à la persécution de Dèce. Durant ce temps, beaucoup de chrétiens se soumirent à l'ordre donné par l'empereur d'adorer les dieux et nombre d'entre eux réclamèrent leur retour dans l'Église après la tourmente. Des confesseurs avaient pris l'initiative d'offrir la réconciliation à ces apostats sans consulter l'évêque. Un presbytre de Carthage, Novat, avait pris la tête d'une fronde protestant contre l'absence de Cyprien. Par ailleurs, un schisme, qui réunit plusieurs évêques derrière le presbytre Novatien, survint également à Rome. Autant d'éléments qui inquiétaient Cyprien pour l'unité de l'église qu'il présidait. D'où la nécessité de montrer que l'unité de l'Église prend sa source dans la volonté de Dieu et que quiconque agit contre cette unité se met en péril. Contexte et thèmes littéraires font, dans cette édition, l'objet d'une vaste introduction qui éclaire bien le projet de Cyprien. Une large place y est accordée au problème de la double rédaction repérable aux chapitres 4 et 5. L'hypothèse défendue, considérant Cyprien comme l'auteur de ce passage variant selon les manuscrits, est celle qui rencontre le plus large consensus. Le texte le plus ancien (PT) insistant à partir de Matthieu 16,18-19 sur la position de Pierre - considéré comme évêque de Rome par la tradition - fut remplacé quelques années plus tard par une argumentation insistant sur l'égalité des apôtres (TR) - qui suppose celle entre les évêques -, à un moment où l'opinion de Cyprien divergeait de celle de l'évêque de Rome sur la question du rebaptême des hérétiques. Les trois universitaires qui ont œuvré à cette édition livrent ici le résultat d'un travail historique, philologique et littéraire qui marque dignement le cinq-centième volume de la collection « Sources chrétiennes ».

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