LITTÉRATURE
Littérature nordique
-196965-
LE MEC DE LA TOMBE D’Á CÔTÉ /
Katarina Mazetti ; trad. du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus
Larbey : Gaïa, 2006. - 253 p. ; 19 x 13
Ed. originale 1998. - 839.7 Littérature suédoise.
- ISBN 2-84720-079-7 : 20 €
Le Mec de la tombe d'à côté est un roman d'amour qui commence
d'une curieuse façon : dans un cimetière. Les deux protagonistes
sont en effet venus pleurer chacun leur défunt, elle son mari trop tôt
disparu, lui sa vieille mère, à laquelle il était très
attaché en vieux garçon qu'il était. Les circonstances ne
se prêtent donc pas à une idylle. La situation sociale non plus
d'ailleurs : elle est bibliothécaire et vit en ville dans un bel appartement,
il est paysan et vit à la campagne dans une ferme. La compagnie est faite
de livres d'un côté, de vaches de l'autre. De la fréquentation
des chefs-d'œuvre de l'art d'un côté, du tas de fumier de l'autre.
D'ailleurs, il commence par l'appeler intérieurement « la Crevette » et
la trouve ridicule. Mais, en matière de relations humaines, il suffit
parfois d'un geste, d'un sourire, pour que tout s'enclenche... Katarina Mazetti
n'ignore pas que le roman d'amour est un thème plutôt rebattu et
c'est pourquoi elle innove en rapprochant des êtres que tout oppose ou,
pire encore, qui ne devraient pas entretenir le moindre rapport Elle innove aussi
sur le plan de la forme en nous relatant cette histoire en « partie double »,
c'est-à-dire en alternant les points de vue d'un chapitre à l'autre
tout au long du livre - en sachant en outre varier le ton pour respecter la cohérence
interne au personnage. Ajoutons une touche réelle d'humour et cela donne,
au total, un roman qui se lit fort bien et qui, sans révolutionner la
psychologie érotique (nous ne sommes pas là sur les « sommets » angostesques
ou nothombiens qui déchaînent sur des pages entières, financées
par un gros budget de publicité, l'admiration de nos exégètes
hexagonaux) apporte une touche d'humanité dans un monde brutal et morose.
Les adorateurs du nombrilisme médiatico-psychologico-germanopratin n'ont
donc qu'à passer leur chemin, ils ont tellement à faire par ailleurs.
D'autres lecteurs s'en contenteront, certains iront jusqu'à s'en réjouir.
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